Voyager en Europe avec une maladie chronique

Voyager en Europe avec une maladie chronique

Si vous êtes citoyen de l’Union Européenne (UE), voyager en Europe avec une maladie chronique sera plus facile pour vous que dans le reste du monde. En effet, nous avons la chance en tant que citoyens de l’UE d’accéder aux soins au même titre que les résidents des pays dans lesquels nous nous rendons, qui sont généralement de bonne qualité. Cet article vous explique comment être couvert dans le cadre de votre maladie chronique lors d’un voyage en Europe et comment obtenir vos médicaments !

La carte européenne d’assurance maladie : un incontournable pour voyager en Europe avec une maladie chronique

Si vous bénéficiez de la sécurité sociale en France, vous pouvez demander gratuitement la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) directement sur le site Améli.fr. Cette carte est valable 1 an et vous permet d’accéder aux services de santé publics lors de votre voyage ou déplacement au sein des 28 pays de l’Union Européenne ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. Vous pourrez ainsi bénéficier des soins et médicaments au même titre que les citoyens assurés de votre destination, c’est-à-dire dans les mêmes conditions et aux mêmes tarifs.

L’avantage de la Carte Européenne d’Assurance Maladie, contrairement à la majorité des assurances privées, est qu’elle vous couvre pour tous les besoins de santé liés à votre maladie chronique (diabète, cancer, asthme…) pendant votre séjour.

Il est important de savoir que la CEAM vous couvre uniquement dans le cadre de soins de santé publics, et ne prend pas en charge les frais occasionnés lors de rapatriement ou d’activités spécifiques (ex : ski, sauvetage en mer…). Si vous vous rendez dans une clinique privée ou chez un praticien de santé non affilié au système de santé publique, vous ne serez pas remboursé. C’est pourquoi il peut être nécessaire de prendre une assurance voyage complémentaire, encore faut-il en trouver une qui couvre votre maladie chronique. Avant de prendre une assurance complémentaire, nous vous conseillons de vérifier si vous êtes couverts dans le cadre de votre carte bleue ou de vos contrats d’assurance habitation.

J'ai besoin de soins de santé spécifiques (ex : dialyse, maladie rare) : suis-je couvert par la CEAM ?

La CEAM couvre uniquement les soins médicaux non-programmés, c’est-à-dire tous les besoins de santé qui ne sont pas prévus à l’avance et qui ne peuvent pas être traités à votre retour. Cet article explique les conditions de remboursement des soins programmés.

Si vous avez besoin d’un équipement ou traitement spécifique lié à votre maladie comme un service de dialyse, vous devez d’abord demander et obtenir l’accord de votre caisse d’assurance maladie 15 jours avant votre départ. Vous devez également vous renseigner sur les établissements publics qui pourront vous prendre en charge à destination, auprès de votre hôpital, de votre association de patients ou de la caisse d’assurance maladie.

La CEAM me couvre-t-elle dans le cadre du tourisme médical ?

Non, la CEAM ne vous couvre pas dans le cadre du tourisme médical, c’est-à-dire dans le cadre de voyages à l’étranger dans le but de vous faire soigner (ex : chirurgie esthétique, traitement spécifique de chimiothérapie non accessible en France…).

Est-ce que je peux utiliser la CEAM si je pars vivre à l'étranger ?

Non, la carte européenne d’assurance maladie est valable dans le cadre de séjours temporaires au sein de l’union européenne. Si vous partez vivre à l’étranger pour des études ou une expatriation, nous vous vous invitons à vous renseigner directement sur le site de l’union Européenne.

Consulter un médecin pendant mon voyage en Europe

Au cours de votre voyage, vous pouvez avoir besoin de consulter un médecin et d’obtenir des médicaments pour une maladie imprévisible (ex : grippe, gastro…) ou dans le cadre de votre maladie chronique.

Dans le cadre d’une maladie imprévisible, il vous faudra comme en France prendre rendez-vous chez un médecin. Vous pouvez demander à votre hôtel ou hôte de vous conseiller un praticien de santé affilié au système public pour être remboursé dans le cadre de la CEAM.

Vous pouvez généralement trouver sur le site internet de l’ambassade ou du consulat de France de votre destination la liste des médecins français ou francophones. A noter que ces médecins consultent généralement dans le cadre privé, et ne sont donc pas pris en charge par la CEAM, mais vous pouvez demander le remboursement une fois rentré en France, en application du tarif en vigueur en France.

Si vous avez souhaitez obtenir un avis médical pour un problème de santé non urgent lié à votre maladie chronique, vous pouvez également avoir recours à la téléconsultation avec votre médecin habituel depuis la France (de plus en plus de praticiens proposent ce service).

Si vous avez simplement besoin de racheter des médicaments, vous pouvez utiliser une ordonnance délivrée par votre médecin français (voir ci-dessous).

Obtenir des médicaments pour votre maladie chronique pendant votre voyage en Europe

 

Lorsque vous voyagez en Europe, vous pouvez obtenir des médicaments au même titre que les résidents avec une « prescription transfrontalière », c’est-à-dire une ordonnance valable dans un autre pays de l’UE, délivrée par votre médecin d’origine.

En effet, toute ordonnance délivrée par un praticien de santé de l’Union Européenne est valable au sein de 28 pays l’UE, en l’Islande, en Norvège et au Liechtenstein (à noter que la Suisse peut refuser les ordonnances établies dans un autre pays).

L’avantage de ce type d’ordonnance est qu’elle vous permet d’obtenir rapidement des médicaments, sans passer par la case médecin. Néanmoins, vous devrez généralement avancer les frais à la pharmacie et demander le remboursement à votre retour, même si vous avez la CEAM.

Il n’existe pas de modèle spécifique pour les prescriptions transfrontalières. Cependant, il faut que l’ordonnance soit au format papier (les pharmaciens peuvent refuser les prescriptions électroniques) et qu’elle comporte à minima les informations suivantes :

Informations sur le patient : nom et prénom (en toutes lettres) et date de naissance;

Date de délivrance de la prescription;

Coordonnées du médecin prescripteur : nom et prénom (en toutes lettres), qualification professionnelle, coordonnées, adresse professionnelle (y compris le pays) et signature (manuscrite ou numérique);

Nom du médicament prescrit : son nom commun (plutôt que le nom de la marque, qui peut être différent dans un autre pays), forme (comprimé, solution, etc.), quantité, dosage et posologie.

Source : Union Européenne

Vous pouvez également demander à votre médecin de rédiger l’ordonnance en anglais, mais ce n’est pas obligatoire dès lors qu’elle comprend les informations ci-dessus. Vérifiez bien que votre ordonnance comporte ces informations afin d’être certain que le pharmacien pourra comprendre la prescription, vous délivrer le bon médicament et vous indiquer le bon dosage.

⚡ Attention ⚡
Il est possible que dans le pays où vous vous trouvez, il n’y ait pas exactement le même médicament que vous utilisez d’habitude, pas les mêmes dosages autorisés. Le pharmacien vous délivrera le traitement conformément à la réglementation nationale de son pays.

Remboursement des frais de santé pendant votre voyage en Europe, liés à votre maladie chronique ou non

 

Comme expliqué plus haut, la carte européenne d’assurance maladie ne vous dispense pas de payer une partie ou la totalité du traitement, même si ce dernier est gratuit en France. En effet, les règles nationales de chaque pays s’appliquent.

Si vous devez payer, il faudra alors demander une facture à la pharmacie ou au médecin et demander le remboursement a posteriori soit à l’organisme d’assurance maladie du pays où vous séjournez (notamment si vous restez plusieurs mois par exemple dans le cadre de vos études), soit à la caisse d’assurance maladie une fois de retour grâce au formulaire Soins reçus à l’étranger (cerfa n°12267*04), disponible sur ameli.fr.

Gardez bien avec vous les exemplaires originaux de l’ordonnance, les justificatifs de paiement (facture acquittée, ticket de carte bleue…) car les photocopies ne sont pas acceptées.

Vous pouvez choisir entre vous faire rembourser sur la base des tarifs de la sécurité sociale française ou des tarifs du pays du séjour.

Si vous avez pris une assurance privée, cette dernière vous remboursera le complément des dépenses : par exemple dans le cas où le médicament coute plus cher qu’en France.

Nous espérons que cet article vous a été utile ! N’hésitez pas à nous contacter pour toute question ou pour nous partager votre expérience.

Assurance voyage et maladie chronique

Assurance voyage et maladie chronique

👉👉 E🏥 ⚠️”Il vaut mieux prévenir que guérir”. Lorsque l’on part en voyage, il vaut mieux suivre les conseils de ce vieux proverbe en souscrivant à une assurance voyage pour se couvrir contre les risques qui peuvent survenir lors du séjour à l’étranger et vous coûter une fortune. Néanmoins, si vous avez une maladie chronique, il est difficile voire parfois impossible de trouver une assurance voyage qui vous couvre véritablement pendant vos vacances. Cet article est fait pour vous expliquer le fonctionnement des assurances voyages et vous aider à trouver un contrat qui prenne en charge votre maladie chronique.

Pourquoi souscrire une assurance voyage quand on a une maladie chronique ?

L’assurance voyage existe pour vous couvrir contre les risques qui peuvent survenir pendant votre séjour à l’étranger, comme un problème de santé, la perte de vos bagages, ou les dommages involontaires causés à autrui.

Ces situations inattendues (accident, hospitalisation, rapatriement d’urgence…) peuvent vous coûter très cher en fonction des destinations, c’est pourquoi il est souvent indispensable de prendre une assurance voyage complémentaire. En effet, dans de nombreux cas, les garanties fournies par les assurances liées aux cartes bleues, aux contrats d’assurance multirisques habitation, de complémentaire santé ou d’accidents de la vie ne couvrent que partiellement les différents problèmes (ex : rapatriement ou responsabilité civile uniquement…).

Si vous avez une maladie chronique ou une santé fragile, vous pouvez également avoir besoin d’accéder aux soins en urgence : perdre ses médicaments, avoir une « crise » ou des complications… La peur que quelque chose ne survienne lorsque vous êtes à l’étranger rajoute une charge mentale et conforte d’autant plus la nécessité de souscrire à une assurance voyage.

⚠️ Attention, la carte européenne d’assurance maladie ne remplace pas l’assurance voyage ⚠️

Si vous partez en voyage dans un pays de l’Union Européenne, vous pouvez demander gratuitement la carte européenne d’assurance maladie qui vous permet d’accéder aux soins dans votre pays de destination au même titre que les résidents du pays. Néanmoins, cette carte ne vous couvre que pour les soins de santé publics et non pour les soins privés. Elle ne prendre pas en charge non plus les coûts de rapatriement. En fonction de votre destination et de votre durée de séjour, il peut être opportun de souscrire à une assurance voyage complémentaire. 👉 Vous pouvez consulter notre article spécifique à ce sujet.

 

Le problème : trouver une assurance voyage qui couvre les maladies chroniques

 

Si vous avez une condition médicale préexistante, c’est-à-dire toute maladie déclarée et/ou traitée avant le départ, vous n’êtes souvent pas éligible aux conditions de remboursement des assurances voyages existantes.

En d’autres termes, vous ne serez pas remboursé.e s’il vous arrive un problème en lien avec votre maladie. Par exemple, si vous êtes atteint de diabète, tout problème médical lié à cette maladie (ex : hypoglycémie sévère, besoin d’insuline…) ne sera pas pris en charge par l’assurance. Mais si vous avez la grippe ou la tourista, vous serez remboursé.e comme tout le monde, puisque c’est considéré comme une maladie imprévisible.

Malheureusement, le modèle économique des assureurs fonctionne selon une logique de minimisation des risques. Or une personne qui a une maladie chronique est considérée comme présentant des risques supplémentaires d’avoir des problèmes de santé à l’étranger liés à cette pathologie. Ce principe est bien souvent arbitraire, puisque de nombreuses maladies chroniques qui sont bien traitées et surveillées n’altèrent pas nécessairement l’état de santé au quotidien des patients. De plus, ces personnes prennent souvent plus de précautions par rapport à leur santé pour éviter les risques. Au regard du chiffre d’affaires des multinationales de l’assurance, cette exclusion de fait est donc inacceptable.

Comment comprendre les conditions des contrats d’assurance voyage spécifiques aux maladies chroniques

 

Qui lit l’intégralité des conditions de garantie des contrats avant de souscrire ? 🖐 Si vous le faites, c’est bien. Sinon, c’est indispensable. Car c’est entre les lignes qu’il s’agit de lire pour bien choisir votre assurance, et être certain que vous ne souscrivez pas un contrat pour rien.

Lorsque vous avez une maladie chronique, il faut chercher la catégorie des exclusions de garanties, à l’aide de la table des matières ou de l’outil de recherche CRTL + F. A l’heure actuelle, il existe deux options :

1) L’assurance voyage exclut totalement la prise en charge des frais de santé liés à votre maladie chronique :

C’est par exemple le cas de l’assurance Globe Partner (ACS), qui mentionne dans le document général : “Les frais engagés ne sont pas pris en charge par l’Assureur s’ils résultent des faits suivants : maladies et accidents dont l’origine est antérieure à la date d’effet du contrat”

Il s’agit d’être particulièrement vigilent car l’exclusion de prise en charge peut également être formulée de manière insidieuse, comme pour l’assurance Voyageo d’AXA : “Les maladies préexistantes diagnostiquées et/ou traitées et ayant fait l’objet d’une consultation médicale dans les six mois avant la date de demande d’assistance médicale.”

Si vous avez une maladie chronique, il est très fortement probable que vous ayez consulté votre médecin dans les 6 mois précédant la date de demande d’assistance médicale. En effet, vous pouvez consulter dans le cadre du suivi de votre maladie, du renouvellement de l’ordonnance pour votre traitement ou pour préparer votre séjour à l’étranger. Vous ne serez donc pas couvert en cas de problème survenant en lien avec votre pathologie.

2) L’assurance voyage prend en charge les frais liés à la maladie chronique, à condition de ne pas avoir été hospitalisé dans ce cadre dans les 6 mois précédent la date du départ à l’étranger :

C’est le cas notamment de Cap Assistance 24h/24 (Chapka), Marco Polo (Avi), Assurance Routard (Avi), Evasio (Europ Assistance), Assurance Long Voyage (Allianz).

Et cela vaut en général pour tout type d’hospitalisation (complète, de jour, ambulatoire…), or ce dernier point est très important. En France, de nombreux patients sont suivis à l’hôpital dans le cadre de leur maladie chronique afin de faciliter le parcours de soins et centraliser les examens de contrôle. Si vous prévoyez de partir en voyage, il faudra donc que vous refusiez cette hospitalisation de jour et réalisiez vos examens de manière indépendante.

De même, si vous êtes hospitalisé dans le cadre d’une semaine d’éducation thérapeutique ou de réajustement de votre traitement six mois avant votre départ, vous ne serez pas couvert pour les problèmes de santé que vous aurez en lien avec votre maladie chronique pendant votre voyage à l’étranger.

🤷‍♀️ DANS TOUS LES CAS
Nous vous conseillons d’envoyer un mail à la compagnie avant de souscrire tout contrat d’assurance voyage afin de demander confirmation écrite sur les conditions de prise en charge en cas de problème de santé lié à votre maladie chronique à l’étranger. Vous pouvez mentionner différents scénarios, par exemple, devoir acheter un type de médicament particulier sur place. Nous vous conseillons également de déclarer la date de diagnostic de votre pathologie, de mentionner que vous êtes stabilisé (si vous l’êtes) et l’objet de la dernière hospitalisation le cas échéant.

Choisir son contrat d’assurance voyage : les points de vigilance au-delà de la maladie chronique

 

Vous l’aurez compris, si vous avez une maladie chronique, vous n’avez pas beaucoup le choix entre les assurances disponibles. Pour faire votre choix, il est nécessaire de vérifier certains points :

  • 👩‍👩‍👧‍👧 Les personnes du foyer qui sont assurées par le contrat (dans le cas où vous voyagez en famille),

 

  • 💰 La présence de franchise : la franchise correspond au montant que vous devrez payer en cas de sinistre, peu importe le montant des frais engagés. Par exemple, si le contrat d’assurance implique le payement d’une franchise de 50€ pour toute demande de remboursement de frais médicaux, vous devrez payer les 50€ peu importe si votre consultation vous a couté 25€ ou 150€. Il est donc préférable de choisir un contrat sans franchise.

 

  • 💳 Le mode de remboursement : certains assureurs vous remboursent « dès le premier euro » engagé, tandis que d’autres ne vous rembourseront qu’en « complément de la sécurité sociale ». Si vous êtes dans ce deuxième cas, cela peut prendre beaucoup de temps avant d’être remboursé (envoi de formulaires etc.). Attention, car certains assureurs qui affirment rembourser « au premier euro » rajoutent une clause selon laquelle vous devez dans tous les cas effectuer les démarches auprès de la caisse d’assurance maladie avant d’être remboursé.

 

  • 🏥 Avance de frais en cas d’hospitalisation : il s’agit de vérifier également qu’en cas d’hospitalisation, l’assureur avance les frais pour vous. En ce sens, si votre assureur ne vous rembourse qu’en complément de la sécurité sociale et que c’est à vous d’avancer les frais, vous pourriez vous retrouver avec un trou sur votre compte en banque voir dans l’incapacité de régler vos frais.

 

  • 💸 Les plafonds de garantie : en fonction de votre destination, les frais de santé peuvent être très élevés (en particulier si vous partez aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie). Vérifiez bien le montant des plafonds de garantie pour la prise en charge de votre santé ainsi que la responsabilité civile à l’étranger. Plus il est haut, mieux c’est ! En général, les contrats vous couvrent au minimum à hauteur de 200 000€ par incident pour vos frais de santé dans le cadre d’un voyage en Europe, et à hauteur de 300 000€ dans le reste du monde (hors Etats-Unis, Canada, Australie).

 

  • 🤿 Types d’activités couverts : si vous prévoyez de pratiquer certains sports (surf, trekking…) ou activités (location de voiture), vérifiez bien au sein du contrat que l’assurance vous couvre pour ces activités. Dans certains cas, vous devez souscrire à une option supplémentaire, ou choisir un club affilié à un organisme reconnu qui vous propose sa propre assurance sur place.

A RETENIR

Vivre avec une maladie chronique ne vous empêchera pas de partir en voyage en toute tranquillité, même s’il est de fait difficile de trouver une assurance voyage adaptée (ou qu’elle vous coutera plus chère).

👉 LISEZ SYSTEMATIQUEMENT LES CONDITIONS DES CONTRATS D’ASSURANCE, et cherchez les exclusions. Ne faites pas confiance à vos connaissances ou au bouche à oreille, vérifiez par vous même.

 👉 Dans tous les cas, et particulièrement si vous n’êtes pas sûr de bien comprendre les termes, envoyez un mail au service client en expliquant votre situation, afin de vérifier les conditions de votre prise en charge. Gardez bien la confirmation écrite des déclarations de votre assurance (les accords oraux n’ont pas de valeur en cas de litige).

 👉 Il peut être préférable de repousser son voyage, ou de choisir une autre destination plus proche et adaptée à votre état de santé, notamment si votre maladie n’est pas stabilisée ou si vous avez récemment été hospitalisé.

Bon voyage à toutes et à tous !

 

Voyager avec le diabète et la maladie coeliaque

Voyager avec le diabète et la maladie coeliaque

Cela fait seize ans qu’on m’a diagnostiquée avec le diabète de type 1. Quinze ans que j’ai appris que j’avais aussi la maladie cœliaque. Je m’appelle Sara, j’ai 25 ans et parfois je ne compte même plus combien d’années j’ai vécues avec ces maladies chroniques. D’ailleurs, je préfère ne pas les considérer comme telles : le diabète est une chose à réguler, la maladie cœliaque est une chose à laquelle il faut faire attention. En fin de compte, cela semble assez simple. Et pourtant, je dois les prendre en compte chaque fois que je veux voyager.

Je vis en Slovénie et il y a plein de belles choses à voir ici. Mais j’ai toujours eu envie de voyager ailleurs, de voir le monde, de découvrir de nouvelles choses. Je tiens une liste avec les endroits que je veux visiter et une liste avec ceux où je suis déjà allée.

Peu importe qu’il s’agisse d’un voyage d’une journée ou d’un séjour plus long : lorsque vous vivez avec le diabète, même le plan le plus simple peut prendre une tournure inattendue. C’est souvent le cas pour moi pendant la période des fêtes de fin d’années, qui me rend particulièrement joyeuse et me donne envie d’aller voir les décorations de noël. Quand il s’agit de partir, j’essaye d’emporter tout en double avec moi au cas où (traitement, sucre en cas d’hypoglycémie…). En général, j’arrive à être tranquille pendant quelques heures avant que la petite voix au fond de moi ne commence à s’inquiéter. Suis-je prête pour le pire des scénarios ? Est-ce que j’ai pris tout ce don j’avais besoin en cas de problème ? Que se passe-t-il si je m’évanouis au milieu de nulle part ? Si ma glycémie diminue ?

A cela s’ajoutent les contraintes liées à la maladie cœliaque : est-ce que je pourrais trouver quelque chose à manger sans gluten pour me resucrer si besoin ? Est-ce que ce sera vraiment sans gluten ? Mais vraiment sans traces de gluten ? Quelle quantité de nourriture dois-je prendre avec moi ? Je prends toujours le soin de me renseigner sur ce qu’il y a sur place avant de partir, mais c’est parfois difficile de trouver les bonnes informations  – et Google translate n’est pas vraiment mon meilleur ami quand il m’affiche une traduction bizarre de pages en langues étrangères que j’espère désespéramment décrypter.

Mon plus long séjour à l’étranger était aux Pays-Bas, à Amsterdam. Au départ, j’ai été rongée par l’anxiété pendant cinq semaines jusqu’à ce que je réalise qu’Amsterdam est une ville magnifique et que passer mon temps à m’inquiéter pour ma glycémie n’en valait pas la peine. J’ai décidé de me faire davantage confiance : j’étais parfaitementcapable de ressentir les hausses et les baisses de mon taux de sucre dans le sang et trouver de la nourriture adaptée à mes pathologies était plutôt facile. Après ça, les choses allaient beaucoup mieux.

J’ai par ailleurs voyagé en Croatie quelques semaines par-ci par-là, surtout pendant l’été parce que c’est assez proche de la Slovénie et que tout le monde y va. Cependant, leur système de santé est compliqué et les activités nautiques ne sont pas toujours faciles à gérer. Je suis également allée en Autriche, en Hongrie, en Allemagne et en Italie. Je me suis toujours inquiétée. Je ne mange pas de viande, je ne peux pas manger de gluten et je ne veux pas manger de produits laitiers. Ajoutez à cela le stress du voyage et il est facile d’imaginer comment tout peut devenir compliqué.

Faire face à tout cela n’est pas toujours facile. Le plus important est de garder son calme (je me le dis et je n’y arrive pas, à plusieurs reprises – mais j’essaie encore et encore, surtout pour essayer de comprendre ce qu’il se passe). Ca fait longtemps que j’ai décidé que je n’allais pas m’empêcher de partir. Heureusement, nous vivons à une époque où on parle anglais dans la plupart des endroits et au pire je peux me faire comprendre avec des mimes. Parfois ça prend un peu plus de temps, parfois non.

Qu’est-ce qui me permettrait d’atténuer mon anxiété quand je voyage ? Je rêve souvent que les gens étiquettent correctement les aliments ou qu’ils comprennent ce que cela signifie quand les aliments sont contaminés par le gluten pour une personne atteinte de la maladie cœliaque. Ce sont des petites choses, mais la nourriture joue un rôle tellement importante dans ma vie que je ne peux tout simplement pas faire confiance aux gens sans leur avoir posé toutes les questions nécessaires. Certes, cela peut paraître inquisiteur, mais c’est pour moi une question fondamentale.

La vie n’est pas toujours prévisible. Vous pouvez autant à la maison qu’à l’autre bout du monde, quelque chose peut mal tourner. Dans notre cas, nous devons toujours anticiper au maximum. Bien sûr, on finit souvent par emporter beaucoup trop de choses avec nous, mais l’autre scénario est de risquer de manquer de quelque chose, ce qui pourrait être pire dans de nombreux cas.

Quoi qu’il en soit, vous ne devriez laisser rien ni personne vous empêcher de faire ce que vous voulez. Parce qu’à la fin de la journée, vous regretterez les choses que vous n’avez pas faites plus que celles que vous avez faites. Renseignez-vous au maximum sur la destination, communiquez avec les gens autour de vous au sujet de vos besoins et surtout, profitez-en.

Si vous souhaitez partager votre expérience, n’hésitez pas à nous écrire à hello@chronicbuddy.org et à rejoindre notre groupe facebook !

Voyager en Tanzanie avec le diabète de type 1

Voyager en Tanzanie avec le diabète de type 1

Je m’appelle Katrine Mariell Karlsen, j’ai 22 ans et en ce moment, je suis étudiante en master d’entrepreneuriat et d’innovation à l’Université Norvégienne des sciences de la vie. Je vis avec le diabète de type 1 depuis le 2 décembre 2004, donc ça fera bientôt 15 ans !

De septembre 2015 à février 2016, je me suis rendu à Moshi en Tanzanie pour un échange culturel à travers le Corps Norvégien de la paix, où j’ai séjourné dans une famille locale et travaillé dans un foyer pour enfants. C’était la première fois que je partais aussi longtemps, loin de ma famille, avec qui par ailleurs je ne savais pas si j’allais pouvoir rester en contact, ni comment.

Pour préparer mon séjour, j’ai rencontré plusieurs difficultés. La première était de calculer et prédire la quantité d’insuline et d’équipement pour le diabète dont j’aurais besoin au cours des cinq prochains mois de voyage. Avant de partir, je ne savais pas non plus comment obtenir de l’aide médicale sur place en cas de problème lié au diabète. J’en ai parlé à l’organisation qui m’a aidée à me renseigner sur l’assurance et à trouver de l’aide. Pour le reste, j’ai essayé de chercher sur Google, mais je n’ai pas vraiment trouvé de réponses à mes questions. J’étais également préoccupée par la façon dont je pourrais conserver mon insuline à cause de la chaleur (ndlr: l’insuline est un médicament qui se conserve entre 2 et 8° lorsqu’elle est neuve, et à température ambiante (<25°) lorsqu’elle est ouverte). Finalement, j’ai apporté deux fois plus d’insuline et d’équipement pour le diabète que ce dont j’aurais besoin pour mon séjour, et j’ai veillé à répartir une partie du matériel médical dans les valises de certains avec qui je voyageais, afin de ne pas tout perdre si mes bagages disparaissaient.

Pendant mon séjour, j’ai été diagnostiquée avec le paludisme et des parasites, ce qui a eu un impact énorme sur mon diabète. J’ai dû prendre des antibiotiques, ce qui m’a fait vomir une semaine de suite, et les antibiotiques ont aussi rendu ma glycémie complètement folle. Mais à la fin de la semaine, la malaria et les parasites ayant disparu, mon corps a recommencé à fonctionner à peu près normalement.

Au cours des mois passés en Tanzanie, nous avons également connu beaucoup de problèmes d’électricité. Comme je devais garder mon insuline dans le réfrigérateur, ça pouvait devenir véritablement problématique pour moi car nous n’avions de l’électricité que 2 ou 3 heures par jour. Un jour, trois mois après mon arrivée, un des membres de la famille qui m’accueillait s’est souvenu que mon insuline devait rester au froid. Nous n’avions pas eu d’électricité depuis presque deux jours, et il a voulu m’aider en mettant mon insuline dans le congélateur pour qu’elle soit protégée, car le réfrigérateur commençait à se réchauffer. Le problème dans l’histoire c’est qu’il a oublié l’insuline dans le congélateur, donc quand le courant est revenu, toute mon insuline a gelé. Donc le lendemain, quand j’ai découvert qu’elle avait congelée, j’ai complètement paniqué. J’ai appelé mes parents en Norvège en panique.  Heureusement, la responsable de mon organisation tanzanienne était en Norvège à ce moment-là, et elle a pu me rapporter de l’insuline. Je n’ai pas vraiment pensé à ce qui se serait passé si elle n’avait pas été là, mais je suppose que j’aurais dû rentrer chez moi en Norvège et mettre fin à mon séjour.

En définitive, cette expérience m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur moi-même et sur ma vie avec le diabète ! Par-dessus tout, je pense avoir appris que ma vie n’a pas de limites, même si je vis avec le diabète. J’ai aussi appris que même si l’on tombe malade ou l’on rencontre des difficultés à l’étranger, on ne doit jamais abandonner. Tout arrive pour une raison, et la plupart du temps, tout peut être résolu.

Si j’avais un conseil à partager avec d’autres personnes vivant avec cette maladie, c’est de faire ce que vous avez envie de faire dans tous les cas ! Ne laissez jamais votre maladie chronique vous empêcher de faire ce dont vous avez toujours rêvé. Demandez de l’aide aux autres si besoin, et surtout, informez-les de votre condition, afin de vous sentir en sécurité et soutenue. 

Katrine, avec un enfant dans ses bras, en Tanzanie

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Maladie chronique et voyage à l’étranger : 3 problèmes à dépasser

Maladie chronique et voyage à l’étranger : 3 problèmes à dépasser

 « Rien ne développe l’intelligence comme les voyages. » disait Émile Zola. D’après l’enquête OpinionWay pour 20 Minutes et Nomad Education réalisée en 2018, 75 % des jeunes âgés de 18 à 30 ans rêvent de partir à l’étranger pour une période longue (plus de trois mois). Partir à l’étranger est source d’apprentissage, de découverte de soi, des autres et de changement positif. Ces expériences permettent également de développer de nombreuses qualités : ouverture à l’autre, prise d’initiative, adaptabilité, capacité à sortir de sa zone de confort… En ce sens, certaines études montrent que les recruteurs valorisent les candidats qui ont eu des expériences à l’étranger par rapport aux autres, à CV égaux et que la mobilité internationale est un vecteur d’insertion professionnelle.

Pourtant, nous ne sommes pas tous égaux lorsqu’il s’agit de partir à l’étranger. D’après l’enquête Eurostat 2018, les problèmes de santé sont le principal obstacle à la mobilité internationale des européens, après les difficultés financières. En ce sens, les personnes atteintes de maladies chroniques doivent faire face à plusieurs obstacles lorsqu’elles souhaitent partir à l’étranger :

Problème n°1 – S’assurer

Lorsqu’on part en voyage, il est recommandé de souscrire une assurance spécifique afin d’être couvert en cas de problème de santé à l’étranger. Or lorsqu’on a une maladie chronique, c’est-à-dire une maladie préexistante, on est souvent exclus des conditions de remboursement des assurances, car cela représente un risque supplémentaire de contracter des problèmes de santé par rapport à une personne “saine”. De fait, la plupart des assureurs ne couvrent pas les personnes atteintes de maladies chroniques pour les problèmes qui pourrait survenir à l’étranger en lien avec leur condition. Certains acceptent néanmoins de le faire si la personne n’a pas été hospitalisée durant les 6 mois précédant la date du départ (peu importe l’objet de l’hospitalisation : ambulatoire, de jour, éducation thérapeutique…). Il s’agit de bien lire les conditions des contrats avant de souscrire une assurance ! 👉 Voir notre article à ce sujet

Les citoyens de l’union européenne (UE) n’ont néanmoins pas besoin de souscrire une assurance lorsqu’ils voyagent au sein d’un pays membre de l’UE, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Il leur suffit d’être en possession d’une carte européenne d’assurance maladie pour être couvert selon les mêmes conditions et au même tarif (gratuit dans certains pays) que les personnes assurées dans ce pays. 👉 Voir notre article à ce sujet

Problème n°2 – Accéder aux soins à l’étranger

Lorsque l’on vit avec une maladie chronique, on a souvent besoin d’un traitement ou de soins spécifiques (c’est pourquoi on a souvent d’autant plus besoin d’une assurance !). Savoir comment accéder à son traitement à l’étranger est une nécessité pour les patients, il qui peut se révéler problématique pour plusieurs raisons :

  • Le manque d’information disponible sur les systèmes de santé locaux et sur la disponibilité des traitements dans le pays de destination.
  • La barrière de la langue, qui peut rendre l’explication des besoins ou la recherche d’information encore plus difficile, et notamment sur place.

    Malheureusement, les maladies graves et handicapantes comme l’insuffisance rénale chronique empêche généralement les personnes qui en sont atteintes de partir même quelques jours : l’organisation des soins de dialyse implique une grande anticipation et un accord avec des hôpitaux partenaires. Mais heureusement, des solutions existent : pour les français, l’association IDO tourisme peut vous aider !

 

Gérer sa maladie dans un environnement nouveau

Vivre avec une maladie chronique est déjà souvent difficile dans son pays d’origine, et demande une grande capacité d’adaptation au quotidien. Cela demande encore plus d’adaptation lorsqu’on sort de son environnement habituel : décalage horaire, climat, changement d’alimentation et de rythme… Autant d’éléments qui peuvent perturber la gestion de la maladie à l’étranger.

Si le voyage est souvent synonyme d’évasion et de vacances, les personnes atteintes de maladies chroniques ne peuvent prendre congés des obligations liées à leur état de santé. Une charge mentale permanente, qui peut être source d’anxiété supplémentaire en amont et pendant le voyage, notamment lorsqu’on perd ses repères, qu’on se retrouve seul.e et/ou qu’on rencontre des difficultés.

Notre objectif : permettre à tous de vivre ses rêves au-delà des frontières et de la maladie

Afin de permettre à tous d’accéder à la mobilité internationale, et de vivre ses rêves de voyage et d’aventure, il est nécessaire de lever les barrières qui empêchent les personnes atteintes de maladies chroniques de partir à l’étranger. C’est à ce problème auquel souhaite répondre Chronic Buddy, à travers plusieurs axes de travail :

  • Informer les patients pour leur permettre d’être acteur de leur santé et gagner en autonomie : car l’autonomie, c’est avant tout la capacité à choisir ses rêves, ses projets, ses objectifs de vie, et à choisir les moyens pour les réaliser. Heureusement
  • Informer les acteurs impliqués dans l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques (professionnels de santé, famille, amis…) pour leur permettre de les soutenir dans leur projet de départ à l’étranger.
  • Développer des réseaux d’entraide entre pairs, pour partager des ressources, des repères et des savoirs issus de leur expériences.

Vous vivez avec une maladie chronique et vous êtes parti.e à l’étranger dans le cadre d’un voyage, d’un échange ou d’un job ? Envoyez-nous votre témoignage afin de partager votre expérience et inspirer notre communauté !